samedi 6 novembre 2010

Deux mois plus tard

Après deux mois à Pékin, petit bilan: «On s'en sort bien». C'est pas toujours facile, mais plus le temps passe et mieux ça va. J'ai appris comment ça marchait pour se faufiler dans des foules plus compactes que la plus compacte des foules canadiennes. Je suis aussi capable de me faire une place dans le métro à l'heure de pointe, quand je me cogne pas après les cadres de portes et les poteaux d'appuis qui sont assez bas. J'ai encore des progrès à faire pour négocier les prix par exemple, mais bon. On peut pas tout comprendre du premier coup.

En ce qui concerne les cours, je crois que les choses se placent. Au début, je trouvais ça vraiment difficile. Le rythme était vraiment rapide parce qu'on apprends environ une quinzaine de caractères par jour et une notion de grammaire. Avec vingt-six heures de cours par semaine, je finissais par passer mes soirées entières à faire mes devoirs et à étudier, mais ça a payé. Plus on voit de choses, plus c'est facile d'apprendre le nouveau. Avec le temps, tu développe des techniques pour apprendre plus rapidement. Ça devient plus facile aussi, parce que les caractères sont tous fait avec des composantes qui reviennent souvent. Il faut juste apprendre à les reconnaître.

Les examens de mi-session ont eu lieu cette semaine et on a déjà reçu le quatrième livre de la session. Comme vous pouvez pouvez le voir sur les photos ci-dessous, les dialogues des livres précédents étaient accompagnés du pinyin (un alphabet qui permet de savoir comment lire le caractère et sur quel ton prononcer les syllabes). Dans le nouveau livre, il y en a plus. Ça veut dire qu'il faut absolument que tu déjà connaisses la prononciation du caractère pour lire le texte à voix haute.

Troisième livre avec pinyin (lecture facile). 
Quatrième livre sans pinyin (lecture plus difficile).
Il y en a peut-être que vont trouver que ça a l'air impossible à lire (c'est pas pour rien qu'on dit «c'est du chinois»), mais ça a juste l'air pire que ça l'est. Avec chaque leçon il y a la liste des nouveaux caractères, leur signification en anglais et le pinyin.

dimanche 17 octobre 2010

Visite de Tianjin

Moi et mes camarades de classes, on a récemment appris que notre bourse d'étude nous permettrait aussi de participer à quelques excursions. C'est comme ça qu'on s'est retrouvé hier à visiter la ville de Tianjin. 

Tianjin, c'est un petit village à côté de Pékin. Juste dix millions d'habitants. C'est comme le Saguenay dans le fond. Non, sans blagues, c'est quand même la cinquième ville la plus peuplée du pays. Ce fut un voyage très bref, puisqu'on a passé une seule journée et qu'il a fallu faire trois heures de routes à l'aller et au retour.

On est arrivé en avant midi vers neuf heures dans le quartier de style italien. Ils ont ça à Tianjin, parce que plusieurs pays occidentaux y ont ouvert des concessions pendant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Ça fait changement de ce qu'on voit de la Chine habituellement, mais il faut dire que c'est pas nécessairement spectaculaire puisqu'on est pas mal habitué de voir ça. Les chinois eux, par contre, ont l'air de vraiment aimer le décors. On pouvait voir de nombreux couples qui venaient pour prendre des photos pour leur mariage. 



Une autre différence avec Pékin, c'est qu'il y a plus d'espace. On dirait qu'il y a plus d'air qui circule entre les édifices alors on à l'impression que c'est plus propre et moins pollué, à moins qu'on ait simplement eu droit à une belle journée. Il y a plusieurs grands édifices à l'architecture impressionnante dont une grande roue rappelant étrangement le London Eye qui enjambe la rivière.


J'oubliais qu'on a dîné dans un restaurant. C'était comme un buffet chinois, mais en Chine, alors la nourriture était vraiment chinoise, mais pas comme celle des buffets chinois, ni celle des vrais restaurants chinois. Bref, c'était juste un buffet en Chine. J'ai pas vraiment compris comment ça fonctionnait je crois. C'était un peu mal organisé parce que tout le monde devait se battre pour se servir dans les plats d'accompagnement et c'était le cuisinier qui venait te servir à ta table. J'aurais probablement aimé qu'on nous explique un peu mieux comment ça allait fonctionner, mais c'est souvent comme ça ici.

Ensuite, on a terminé la journée en se promenant dans un quartier plus traditionnel chinois tout près du port. Il y avait beaucoup de boutiques ou on pouvait acheter toutes sortes d'objets artisanaux. C'est pas mal tout ce qu'on trouvait là en fait. On a dû retourner à Beijing à trois heures de l'après-midi. C'est un peu dommage, parce que j'ai entendu dire que les édifices de Tianjin étaient encore plus beaux dans les lumières du soir. Ça sera peut-être pour une prochaine fois.

jeudi 7 octobre 2010

Parce qu'on vit toujours dans le passé

À la suggestion de Mme Lemay, une ancienne enseignante, je viens de survoler la version .pdf de la première édition de La Pige de cette année. C'est fou comment ça m'a rappelé des souvenirs. Quand j'y repense, je me rappelle combien on était toujours stressé. On avait toujours mille choses à faire. Quand c'était pas des retours d'appels qu'on attendait, c'était une converse à préparer ou un reportage à monter. On croyait jamais s'en sortir. Pourtant, on finissait toujours par y arriver.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que c'était vraiment le bon temps, même si on trouvait toujours quelque chose pour se plaindre. L'ambiance me manque, ou c'est peut-être juste la routine. Marcher dans la neige jusqu'à l'arrêt d'autobus le matin pour passer quinze minutes avec les jeunes qui étudient au Séminaire de Chicoutimi. Arriver dans le pavillon ATM, les écouteurs du iPod bien enfoncés dans les oreilles, s'installer au même ordinateur qu'à l'habitude et commencer à travailler un peu avant d'aller manger un bagel avec du fromage Philadelphia à la cafétéria.

C'est dommage que ça soit souvent quand quelque chose est terminé qu'on prenne pleinement conscience de combien on était bien. Ça doit être notre cerveau qui est fait pour fonctionner comme ça, mais aujourd'hui, j'aimerais dire aux étudiants de profiter des moments passés dans le local de La Pige avant que ça se termine parce que ça passe tellement vite. Aujourd'hui, je suis en Chine et j'ai les blues. Je peux pas retourner à Jonquière et tout retrouver comme avant, mais je peux essayer de profiter des moments que je vis présentement, ici.

jeudi 30 septembre 2010

Retour à BLCU

Je savais qu'être en Chine serait un bon exercice de réflexion pour moi. C'est-à-dire que je me suis toujours attendu à devoir prendre beaucoup de temps pour réfléchir sur ce que je vis pour le comprendre. C'est une des raisons pour lesquelles j'hésite toujours un peu à me mouiller et à donner mes impressions sur ce que je vois.

Il y a quand même une chose évidente que j'ai retenu après avoir travaillé dans une troupe de danse chinoise contre mon gré. C'est qu'il ne faut jamais tenir ce qu'un Chinois te dit pour une promesse. J'irais pas jusqu'à dire qu'ils sont menteurs, mais lorsqu'ils organisent quelque chose, il y a toujours une personne tout en haut qui décide. Tu sais pas vraiment c'est qui, mais les directives viennent de lui. Il dit bien des choses et apparemment il sait ce qu'il veut comme résultat, mais le problème, c'est qu'il change souvent d'idée.

Quelques jours avant de partir répéter, j'avais décidé d'aller voir une des personnes en charge de l'organisation des répétitions pour lui dire que j'étais plus intéressé à participer au projet. Tout le monde dans ma classe me disait qu'on ratait seulement deux jours de cours, mais je venais de réaliser qu'on en manquerait réellement cinq.

Il faut quand même spécifier que je suis pas juste arrivé dans le bureau de cette personne-là pour lui demander de retirer mon nom de la liste. J'ai dû appeler mon professeur qui était pas trop certain, comme d'habitude, de si je pourrais abandonner le projet. Mais bon, vous m'imaginez arriver dans le bureau de la professeur, avec toute ma détermination, pour lui dire que je voulais être placé dans une autre classe pendant l'absence de mes camarades des autres élèves de mon groupe. Je lui ai expliqué que j'étais vraiment pas d'accord et que je trouvais qu'ils nous avaient pas mal forcés à participer, même si à peu près tout le monde avait dit oui.

En tout, j'ai discuté avec cette femme-là pendant au moins vingt minutes. Elle m'a expliqué plein de belle choses, comme le fait que cette expérience me permettrait d'apprendre sur la culture chinoise d'une façon différente. Elle disait aussi qu'ils avaient choisi de prendre une classe complète parce que le professeur pourrait enseigner à ses élèves pendant les temps libres et que ça, on en aurait beaucoup, en me faisant remarquer l'âge avancé des chorégraphe qui devrait les empêcher de travailler sur de trop longues périodes. À la fin, elle m'a demandé si il y avait la moindre chance que je revienne sur mon idée. Elle était prête à enlever mon nom de la liste, mais tout ça a finit par me convaincre d'y aller pour tenter l'expérience en me disant que je pouvais essayer quelque chose de différent. J'étais convaincu que c'était juste un problème de communication avec mon professeur aux aptitudes d'anglais limitées qui faisait que je m'étais opposé à l'idée. Je me suis même arrêté à penser pour voir si je m'étais senti manipulé, mais j'étais convaincu d'avoir simplement fait le meilleur choix pour moi.

Notre dernière représentation a eu lieu hier, alors on est revenu à l'université. Au bout du compte, je crois que je me suis totalement fait avoir. Parce que jusqu'à maintenant, rien de ce qu'on nous avait dit était vrai. Ils nous ont juste dit tout ce qu'ils pensaient pouvoir utiliser pour nous convaincre. Notre professeur nous a rien enseigné. Jamais. Ça, c'est probablement parce que les chorégraphes nous ont fait travailler à longueur de journée. Du matin au soir, on a répété. Une chance qu'ils étaient vieux, parce que je crois que j'en serais jamais sorti vivant si ils avaient eu trente ans de moins.

En plus de ça, la productrice du spectacle montait toujours sur la scène en criant des choses pour nous dire quoi faire, avant de nous demander si on comprenait bien, pour continuer à parler en chinois quand on venait de lui dire qu'on comprenait pas. Les chorégraphes ont passé leur temps à changer la chorégraphie et on m'a dit que je devais pas m'attendre à recevoir des points boni pour avoir sacrifié cinq jours de cours.

On est revenu à l'école ce matin pour une journée avant une semaine complète de congé pour la fête nationale. Notre professeur nous a expliqué qu'on devrait travailler vraiment fort pendant la prochaine semaine pour rattraper le retard qu'on a pris (grâce à son projet, mais ça, il l'a pas dit). Ça m'a un peu découragé, parce qu'on peut déjà voir la différence avec les progrès que les élèves qui sont restés ont fait.

Au moins, tout ce temps qu'on a passé ensemble a permis aux élèves de ma classe de se rapprocher et de rencontrer de nouvelles personnes. J'ai quand même réussi à tirer une morale de cette histoire, mais j'ai hâte de voir si je vais réussir avec le temps à trouver autre chose de positif. On s'en reparlera quand je reviendrai à la maison pour voir.

lundi 20 septembre 2010

Mon premier échec scolaire chinois

Pour continuer dans la lignée du «Expliquez-moi ce qu'il se passe ici quelqu'un parce que je comprends rien», je reviens tout juste d'un examen de mathématiques. J'ai essayé de comprendre pourquoi j'avais à faire ça et on m'a dit que je devrais suivre des cours de mathématiques et d'informatique la session prochaine. Moi qui croyais que je venais apprendre le chinois pour entrer à l'université en relations internationales...

Quoi qu'il en soit, ce fut un échec total. On s'entend que j'ai pas eu de cours de mathématiques depuis trois ans et que j'avais pas de calculatrice. Il y avait dix problèmes d'algèbre avec des fonctions, des sinus, des cosinus et des graphiques à dessiner. Je crois que j'ai essayé trois numéro. C'est bon si j'en ai réussi un.