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samedi 8 mai 2010

«When you leave home, you can never come back.»

J'avais perdu l'habitude d'être à Jonquière. Je dis ça parce que je suis revenu du Nouveau-Brunswick avec mes parents en fin d'après-midi. Ils étaient venus me trouver à Caraquet. J'ai pu leur faire visiter un peu le coin et leur présenter les gens que j'y ai rencontrés.

Le stage s'est très bien passé. Cette semaine, j'ai demandé au rédacteur en chef de l'Acadie Nouvelle, M. Saint-Cyr, s'il serait intéressé à acheter des textes que j'écrirai en Chine. Il a dit oui. Il aimerait que je lui envoie des portraits, des textes assez humains, pour permettre aux lecteurs de comprendre qui sont les Chinois. Je suis vraiment content.

De retour dans le noir de ma chambre, j'écoute encore la musique qui rappelle de vieilles choses à la seule lumière de l'écran de mon ordinateur. Je suis revenu avec plus d'expérience, mais surtout, plus de souvenirs. Même après seulement cinq semaines, ça m'a fait quelque chose de partir. Je m'ennuie déjà du vent, des planchers qui craquent, du bruit des grillons la nuit et des gens qui ont un accent, moins pressés que ceux d'ici.

samedi 10 avril 2010

Le monde est p'tit ici

Plus le temps passe et plus j'aime Caraquet. J'ai découvert un endroit cette semaine. Un petit resto qui s'apelle le Café Phare.

Jeudi midi, j'étais au journal et j'étais pas motivé pour pédaler jusque chez moi pour dîner. Ça fait que je suis parti dans le sens inverse, vers le centre-ville. J'arrive devant le restaurant qui est situé dans une vieille maison rouge et j'entre. L'ambiance est particulière. Je m'attendais pas à trouver ça ici. À l'intérieur, il y a des grosses poutres de bois teint en bleu au plafond. Deux des murs sont verts pas foncé, les autres sont couleur crème. On voit que la maison a de l'âge.

La musique qui joue apporte beaucoup à l'ambiance. Des chansons françaises de chanteurs dans le style Charles Aznavour, Carla Bruni et des trucs encore plus vieux que je connais pas du tout. Le menu est écrit sur une grande ardoise accrochée au mur, le saumon est vraiment bon. C'est quelque chose que je me serais plutôt a voir dans un petit restaurant de style urbain-tendance de Montréal ou Québec. J'en dis pas plus là-dessus. De toute façon, j'arriverai pas à tout expliquer ce que je voudrais dire.

Quand on dit que tout le monde se connaît ici, c'est vraiment vrai. Hier j'ai rencontré la femme de Jean-Mari, Johanne. Elle travaille au Café Phare justement, et me racontait que quand je suis venu cette semaine, les gens m'ont remarqué. Apparemment que les employés qui travaillaient dans la cuisine regardaient tous par un trou entre les portes, pis qu'ils se demandaient c'était qui le grand gars que personne connaît, assis dans la salle à manger. J'ai trouvé ça assez comique.

lundi 5 avril 2010

Jérémie en Acadie

Ça y est, je suis arrivé à Caraquet tard jeudi soir. J'ai déjà eu le temps de m'installer et de visiter un peu les alentours. Au début, j'ai eu peur de m'ennuyer, mais je crois que j'aime beaucoup la ville. Les gens sont avenants. J'en ai vu très peu ne pas retourner mes sourires. Et puis il y a la mer, et les bateaux de pêche.



Le gîte où j'habite est très bien. Ma chambre est probablement trois fois grande comme celle chez mes parents. Elle contient une télévision, et j'ai accès à une cuisine commune bien équipée. J'ai tout ce qu'il me faut. Tous les planchers sont en bois franc et les meubles aussi sont en bois. C'est vraiment vieux. La maison appartient à la même famille depuis longtemps.

Le propriétaire, Guy Beaucage, est très gentil. Il réussit toujours à m'accommoder si j'ai besoin de quelque chose. Il habite pas ici, mais il passe tous les jours pour s'occuper de l'entretien. Il m'a même invité à «bruncher» avec sa famille pour Pâques hier matin, dans la maison à côté. J'avais déjà déjeuné, mais je suis quand même allé prendre un café avec eux et on a discuté dans la salle à manger, puis sur la galerie devant la maison en prenant le thé. J'aime pouvoir leur poser toutes sortes de questions sur la région et la communauté, mais aussi discuter de plein d'autres sujets. Ils sont cultivés et intéressants.

J'ai eu du temps en fin de semaine pour me promener un peu. Heureusement que j'ai un vélo, parce que la ville est faite sur le long. Le centre-ville doit être à sept ou huit kilomètres. Il y a tout ce qu'il faut par contre. Même un restaurant qui s'appelle Mitchan Sushi. Monsieur Beaucage me racontait que c'est un Japonais qui est venu s'installer ici qui tient ça avec ses deux filles qu'il a eu avec une Acadienne, si je me trompe pas. Apparemment qu'il faut réserver vraiment tôt à l'avance pour avoir une table. Je vais essayer d'aller y manger pour voir de quoi ça a l'air.

C'était le premier jour de mon stage aujourd'hui. Je vais commencer en ne faisant que de l'observation. Aujourd'hui, j'ai suivi le journaliste à qui je suis attitré, Jean-Mari Pître, pour faire une entrevue avec le maire du village de Bertrand. Il va bientôt ouvrir un musée de la bière et souhaite mettre sur pied un Oktoberfest qui aurait lieu chaque année.

Demain, on va à Miramichi pour couvrir le procès pour le meurtre d'Hillary Bonnell. Je suis vraiment content, parce que j'avais entendu parler de cette affaire-là l'automne passé. La fille de seize ans était disparue en septembre dernier, et la communauté autochtone de laquelle elle faisait partie s'était mobilisée pour faire des recherches. Ils avaient fouillé les bois et même des granges et des maisons, il me semble, sans demander les permissions. Ça avait inquiété la population. J'ai vraiment hâte de voir comment ça va être, en plus que le procès est en anglais.

mardi 23 février 2010

Tous les chemins ne mènent pas à Caraquet.

C'est officiel, ma chambre à Caraquet est réservée. Dans trente-six jours j'y serai. Je pense avoir réussi à trouver un endroit assez bien situé. Le propriétaire m'a expliqué dans un courriel que la maison se trouvait à deux kilomètres des bureaux de l'Acadie-Nouvelle, et à environ quatre kilomètres de l'épicerie. Ça peut avoir l'air un peu loin, mais il dit qu'il a des vélos et que c'est très agréable sur la piste cyclable, au bord de la mer, à cette période de l'année.

La semaine dernière, j'avais commencé à regarder comment je pourrais me rendre là-bas. J'ai failli désespérer quand j'ai constaté que ça serait compliqué, autant en train qu'en autobus. Le train passe par Montréal. En plus du grand détour, le chemin de fer se rend pas plus loin que Bathurst. Vingt-quatre heures à regarder les arbres défiler qui se terminent par un trajet en taxi d'environ une heure. J'ai tout de suite éliminé la possibilité de l'autobus quand la réceptionniste d'Intercar m'a transféré à une autre femme qui a finit par m'expliquer, après avoir cherché pendant probablement cinq minutes, que je devrais sûrement dormir à Québec, ou à Rivière-du-Loup. Pas une bus qui se rend plus près que Bathurst, encore une fois.

Vendredi soir, j'expliquais à mes parents qu'il y a une carte d'identification étudiante internationale (ISIC) qui permet d'économiser vraiment beaucoup sur le billet de train. C'est au point où même après avoir acheté un billet d'autobus pour un aller-retour entre Jonquière et Québec, parce que c'est l'endroit le plus près où je peux me la procurer, j'économise encore. Je m'attendais pas à ça, mais mon père m'a proposé d'aller me reconduire en voiture à Caraquet, puis de venir me chercher à la fin du stage, le huit mai. Un petit voyage père-fils qui réduit les dépenses et le temps de déplacement à un peu moins de dix heures. Ça fait bien mon bonheur.

mercredi 27 janvier 2010

Pas game d'écrire un blog sur mon non-voyage.

J'ai voulu commencer à écrire un blog l'été dernier. Tous mes amis partaient dans des endroits lointains comme l'Alberta, la Pologne, l'Italie ou encore la Turquie. Jonquière était pas mal vide. L'idée, c'était de me convaincre qu'à Jonquière, on peut en vivre aussi des aventures. Je voulais me le prouver. Mais finalement, j'ai jamais rien écrit.

J'ai fini par me trouver un travail de moniteur au Centre linguistique. C'était vraiment plaisant. J'ai rencontré des amis que je suis vraiment content d'avoir connus. J'ai pas eu besoin de voyager finalement, et j'ai quand même découvert beaucoup de choses. L'été a passé tellement vite.

Maintenant, je vois venir pas mal de choses. Le Cégep qui achève, le stage à Caraquet, les études en Chine l'année prochaine. Ça fait plusieurs départs. Je vais avoir besoin de rester en contact avec mes amis et ma famille. Je cherchais un moyen efficace de donner des nouvelles à tout le monde. Plutôt que d'écrire des courriels qui risquent de se perdre dans les boîtes de réception encombrées, je me suis rappelé de l'idée du blog. Comme ça, tous mes messages vont être réunis au même endroit.